
Conflit au travail avec un collègue : comment gérer sans s'épuiser ?

Marie Parinet
Psychopraticien · Magnac-sur-touvre
Ce que vous ressentez — et pourquoi c'est si lourd
Vous rentrez chez vous tendu·e, la même scène qui tourne en boucle dans la tête. Une remarque, un regard, un silence qui dure depuis trop longtemps. Le conflit avec un collègue ne s'arrête pas au bureau — il s'invite dans vos soirées, dans votre sommeil, parfois dans vos week-ends.
Ce que vous vivez est réel et légitime. Les tensions professionnelles répétées ne sont pas « juste du stress » : elles mettent en jeu votre image de vous-même, votre place dans le groupe, votre sentiment de sécurité au quotidien.
Pourquoi ça prend autant de place ?
- Vous passez en moyenne un tiers de votre vie éveillée avec vos collègues.
- La relation de travail mêle enjeux professionnels et dynamiques personnelles — ce qui complique tout.
- Le cerveau perçoit un conflit social comme une menace, au même titre qu'un danger physique : c'est pourquoi votre corps réagit (tension musculaire, mâchoires serrées, estomac noué).
« Ce n'est pas une faiblesse de souffrir d'un conflit au travail. C'est une réponse humaine, normale, à une situation qui dépasse souvent ce qu'on peut gérer seul·e. »
Ce qui fatigue le plus, ce n'est pas toujours la dispute en elle-même : c'est l'anticipation, la vigilance permanente, le fait de marcher sur des œufs chaque matin. Cette hyper-vigilance coûte énormément d'énergie — et elle finit par déborder sur tout le reste.
Comprendre ce qui se joue pour répondre autrement
Avant de chercher à « régler » le conflit, il peut être utile de faire un pas de côté. Comprendre ce qui se joue — en vous, dans la relation, dans le contexte — ouvre souvent des possibilités que l'on ne voyait plus.
Ce que le conflit révèle parfois
- Un besoin non exprimé : reconnaissance, respect, clarté sur les rôles.
- Un schéma répété : certaines situations au travail réactivent des dynamiques plus anciennes (familiales, scolaires) sans qu'on en soit conscient·e.
- Une fatigue accumulée qui baisse le seuil de tolérance et amplifie les frictions.
Cela ne signifie pas que vous êtes responsable du conflit. Cela signifie que vous avez une marge d'action — même quand l'autre ne change pas.
Un exercice à essayer maintenant : la pause de 90 secondes
La prochaine fois que vous sentez la tension monter face à ce collègue, essayez ceci :
- Posez les deux pieds à plat sur le sol, sentez leur contact.
- Inspirez lentement pendant 4 secondes, retenez 2 secondes, expirez pendant 6 secondes.
- Répétez 3 fois — soit environ 90 secondes.
- Avant de répondre, posez-vous intérieurement : « Qu'est-ce que je veux vraiment dans cet échange ? »
Cet exercice ne résout pas le conflit, mais il interrompt la réaction automatique — ce moment où l'on dit ou fait quelque chose qu'on regrettera. Il crée un espace entre le stimulus et la réponse, et c'est dans cet espace que tout peut changer.
Quelques repères pour communiquer différemment
- Parlez de ce que vous ressentez plutôt que de ce que l'autre fait : « Je me sens mis·e à l'écart » plutôt que « Tu m'ignores toujours ».
- Choisissez le bon moment : ni dans l'émotion vive, ni devant témoins.
- Acceptez que certains conflits ne se résolvent pas — mais qu'on peut apprendre à les traverser sans s'y perdre.
Quand consulter un professionnel ?
Il arrive un moment où les ressources personnelles ne suffisent plus — et c'est tout à fait normal. Consulter n'est pas un aveu d'échec, c'est reconnaître que la situation mérite un accompagnement adapté.
Quelques signes qui peuvent indiquer qu'un soutien serait utile
- Le conflit dure depuis plusieurs semaines ou mois sans amélioration.
- Vous remarquez que cela affecte votre sommeil, votre appétit, votre moral en dehors du travail.
- Vous vous surprenez à anticiper le pire chaque matin avant d'arriver au bureau.
- Vous avez l'impression de rejouer la même scène encore et encore, sans trouver d'issue.
- Vous commencez à douter de vous-même : de votre valeur, de votre légitimité, de votre perception des choses.
En tant que psychopraticienne spécialisée dans les difficultés relationnelles, nous vous proposons un espace pour explorer ce qui se passe dans ces relations qui pèsent. Ensemble, nous pouvons regarder ce qui se répète, ce qui vous appartient, et ce que vous pouvez mettre en place pour retrouver un peu plus de légèreté au quotidien.
Nous vous accompagnons à votre rythme, sans jamais brusquer — parce que comprendre une dynamique relationnelle prend du temps, et que ce temps est précieux.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, n'hésitez pas à nous contacter pour un premier échange. Parfois, une seule conversation suffit à voir les choses différemment.



